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L'Horizon

des évènements  Du 9/11 au 01/12

Vernissage

le 9/11 à 17h

 


 

Baptiste Roux
Baptiste Roux
Fin de règne

Fin de Règne
Baptiste Roux est un homme dangereux, générateur d’accidents. C’est un cascadeur de l’art qui au cœur même de sa pratique produit un discours critique.
Cette critique se focalise sur les œuvres trop aguichantes, trop vendeuses. Il surenchérit dans l’excès, le trop plein, que cela déborde, à en vomir.
Ah vous en voulez de la couleur, du clinquant, du formel : gavez-vous !
Trop de couleurs explosives, trop de formes anguleuses poussées à l’extrême sur un matériau qui n’est pas de la toile, mais un plastique ultra dur, un condom irrésistible.
Il pourrait s’arrêter là et l’on verrait ce que l’on peut voir dans les espaces tape à l’œil, les galeries qui font mal aux yeux, il y en a à foison dans le 16e et le 8e arrondissement de Paris, tant il est vrai que le goût ne s’achète pas.
Mais il ne s’arrête pas là.
Il provoque l’attentat, l’accident fatal en pliant et repliant ses pièces comme de simples mouchoirs de poche. Et c’est dans ces clashs, ces accidents de la route (ses pièces ont souvent le format d’un capot de voiture plié) que l’art reprend une place singulière : celle du plaisir de perdre, celle de l’excès, trop fardé, trop sexy, comme une foire du trône, une prostituée du Bois ou un costume de Dalida. La beauté est dans la chute.
Les pliages de ses toiles sont cette plongée vertigineuse dans une critique acerbe de la peinture et des formes putassières. Ses œuvres sont des Porsches en ruines, des Boeings fragmentés, une fin de règne, forcément.
Baptiste Roux produit également un autre (mauvais) genre de formes et des couleurs antagonistes aux premières, tout du moins en apparence.
Ce sont des sculptures hybrides, comme des coulommiers trop faits qui s’agrippent à des rambardes trop brillantes. C’est un temps suspendu entre les couleurs de l’enfance : vert pomme, bleu ciel, rose bonbon et des barrières métalliques, des planches en bois, des soutiens d’œuvres. D’une certaine manière, cela répond à son autre mode de production plus aiguisée, comme si après l’accident inévitable, il prodiguait des soins : en sparadrap, attelles, déambulateur et supports divers.
Ses sculptures se relèvent, tiennent droites un instant et s’écroulent encore, s’étalent, obscènes.
On voit sous elles, allongées sur le sol, la jupe relevée, on aperçoit leurs jambes roses et douces sous le porte-jarretelles trop noir, les lèvres trop rouges, les yeux trop faits. C’est une violence faite à la bienséance et au « bon goût ».
La séduction à tous crins dans les réseaux sociaux, les médias et l’art s’enfle à en devenir indigeste, écœurante, c’est un raz-de-marrée de tout ce qui fait surface, attire l’œil et détruit la rétine. La politique spectacle est un cirque où les prétendants se vendent aux plus offrants en proposant des myriades de projets que jamais ils ne réaliseront et bienheureux s’ils ne finissent pas dans un tribunal.
Les œuvres de Baptiste Roux présentées à Aponia dénoncent cette surenchère dans leur matérialité, cette explosion de bonimenteurs, de vendeurs de larmes, mais elles ne sont pas celles que vous croyez. Méfiez vous des apparences, sous la marque de l’outrance se cache la pudeur des sentiments, l’humilité dans le travail de l’art.
Laurent Quénéhen

 

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