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Jérémy Liron/Frédéric Daviau/Margaret Dearing/Vincent Bullat/Alain Barret  Commissaire d'exposition
Jérémy Liron, Vincent Bullat, Frédéric Daviau, Margaret Dearing
Urbanité#2

L’exposition Urbanité 2 ouvre de nouvelles perspectives et entend mêler explicitement les deux notions d’urbanité et d’humanité. On rappelle que les deux termes (que leurs nombres de lettres quasi identiques rapprochent) génèrent des questions de point de vue tant esthétiques que poétiques davantage que des similitudes... On a donc voulu traduire des interrogations plastiques et des rapports «bizarres» plutôt que des évidences. Il se trouve aussi, (autre rappel) que sociologiquement l’un et l’autre se complètent jusqu’à évoquer formellement l’urbanisme. Mais on se limite à une exposition artistique, autrement dit à des approches personnelles, et pour cela étroitement humaines. On comprendra que chaque artiste est sélectionné pour la singularité de ses distances personnelles avec le poids humain des sites...


Jérémy Liron peint des maisons isolées ou des paysages urbanisés sur des toiles presque toujours carrées.
N’était-ce l’intention du peintre cherchant à réaliser des “carrés photographiques où chaque composition
est d’abord l’élaboration d’effets de réel comme dans la littérature”,une fois passé le cap descriptif ou narratif, on remarque que d’un tableau à l’autre, tandis que la nature submerge les architectures, ou inversement que les maisons semblent s’enfouir sous le poids de leurs silhouettes anonymes, le regard du peintre s’attarde à la réalisation en négatif de vues plus conceptuelles que descriptives. Reste que des impressions d’ouverture ou de fermeture créées par l’omniprésence du paysage sur la cité, font que chaque oeuvre révèle une urbanité imaginaire, où les trouées, les décadrages, les disproportions et les ouvertures absorbent le regard, et bouleversent le réel en le rendant “abstrait parce qu’il a été conçu”. Jamais en retrait d’une recherche expressive, la vérité des visions paradoxales de Jérémy Liron n’est appréciable qu’en laissant tomber les références objectives. In fine, pour Jérémy Liron chaque sujet retrouve des échos tragiques qu’on croyait oubliés depuis les paysages d’Arnold Boecklin ou Edward Hopper....


Frédéric Daviau pose sur l’urbanité un regard autre. Son travail d’apparence plus classique évoque des
paysages en même temps que des cités où l’humanité subsiste en tant que trame.
Sur une étendue de papier qu’on devine indéterminée, il parsème par masses des graphismes gestuels et des taches d’encre pour produire une sorte de conglomérat visuel dont les concentrations de signes semblent exprimer des sites. Ont-ils été habités et sont-ils donc antiques, ou sont-ils en train d’émerger pour être peut-être des villes? Nous serions alors soit devant une sorte de paléopaysage, soit devant une humanité hors d’atteinte parce qu’en devenir. On remarque en passant que, sous nos yeux, ces cités esthétiquement exhumées produisent par affleurement mémoriel un ralenti contemplatif.


Pour Margaret Dearing, la ville est géométrique, impersonnelle, claustrophobe. C’est une série de surfaces que percent de rares couloirs et que dessine un découpage anonyme. Elle y insère des docu-fictions photographiques dont le synopsis s’appuie sur un environnement d’écrans. Si un personnage est visible c’est à son insu, ou parce qu’elle l’y a placé elle-même pour qu’il accomplisse un geste ou une performance esthétique. A quelle onction correspond toutefois sa présence ?
Magaret Dearing présente ses vues seules ou par séries généralement brèves. Elle les a composées avec une précision de métronome. Image après image, les photographies déclinent des points de vue stratégiques : les échelles sont contrastées au maximum,qu’il s’agisse de dimensions ou d’éclairages, les plans répondent à des percées, les couleurs renvoient aux teintes de matériaux industriels, les espaces entre les images sont filmés comme des intervalles d’espace-temps, des mouvements sont figés et des attitudes sont posées… La planéité foncière des images n’estompe pas des apparences de courts-métrages et des plans séquences.
L’humanisme de Margaret Dearing décline furtivement un silence de zombie urbain où l’humour n’est pas exclu. Margaret Dearing est une “filmeuse”. On peut s’attendre à des surprises.


Vincent Bullat pratique un dessin d’envahissement que la surface de papier peine à contenir. Pas de composition préétablie, juste un thème (ici l’urbain) puis le geste se pose où le trait court. N’était-ce l’impression d’une écriture automatique, les techniques d’expression choisies par Vincent Bullat sont clairement des effets mis en scène. Il joue ici avec le brouillage des formes, là avec une atmosphère empruntée à la peinture, ailleurs avec une dérive onirique d’essence littéraire ; chaque occasion paraît puiser dans des concentrés de signes graphiques. Le rendu irrégulier ou faussement hésitant induit chaque fois son origine humaine. Egalement proche d’une BD dont on aurait éparpillé ou recomposé les cases, Vincent Bullat révèle parallèlement un goût discret pour la narration. Il s’en faut de peu que l’ensemble s’apparente à ces fresques modernes que sont les murs graffités. La seconde impression qui s’incarne est un univers citadin mobilisé par d’innombrables sources plastiques de présences et de lieux...L’envahissement symbolique évoqué en préambule s’oppose éthiquement au décrochage psychologique d’une île. Partant, l’assemblage des dessins devient un dispositif métaphorique qu’on peut comprendre comme une architecture. A partir de chaque trait, Vincent Bullat risque une trace urbaine d’”humanité".
Alain Bouaziz, 2007

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