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      Fin de règne  

Baptiste Roux

Vernissage 21 sept.

 


 

Emmanuel Rivière/Assaf Grüber
Samuel Aligand, Pierre-Alexandre Rémy, Vittoz, Assaf Grüber, Emmanuel Rivière, Igor Baloste (Performance musicale)
D'un mur à l'autre

Le thème propose l’histoire de formes de créations plastiques à la fois anciennes et modernes (on pense aux échos des murs entre eux dans l’art religieux et au concept d’oeuvre in situ, avec ses utilisateurs phares, par exemple les artistes du groupe Support-Surface en France, les créations de l’américain Bruce Nauman ou celle de Joseph Beuys en Allemagne…) D’un mur à l’autre a pour objet son sujet éponyme : des oeuvres qui exploitent ou s’inspirent directement d’un lieu à travers ses murs. Le propos aurait pu être plus prosaïquement : “D’un mur…” Cependant le but était d’éviter la confusion de pratiques plastiques non contemporaines sur le thème la muralité, le risque étant un fourre-tout artistique à propos du mur, voire un contresens avec le muralisme dont les peintres José Clemente Orozco, Diego Rivera ou David Alfaro Siqueiros demeurent la référence. D’un mur à l’autre entreprend comme on l’a dit de requestionner l’objet du mur à partir des productions d’artistes actuels. Le fil et l’écho dans les deux directions de la nature et de la pratique plastique servent de guides. On connaît la thématique du miroir avec ses effets de sens plus ou moins diffusants. La plupart du temps, c’est de portrait qu’il est question. Mais limitons rigoureusement le sujet du miroir à son plan vertical côté face.

Les images entrant et sortant à l’infini du plan virtuel de la glace opposent à son envers l’image d’un dos qu’on peut légitimement interpréter comme un mur. La surface à peine apparente de la glace invisible et l’opacité foncière du mur semblent se répondre tout en s’opposant. Il s’ensuit qu’un projet esthétique permettant de les mettre en synergie est imaginable. Imaginons-les ensemble et séparément, justement, comme l’intitulé du thème lui-même y invite. On l’a dit, l’exposition vise davantage des perspectives plastiques qui se déplacent l’un vers l’autre. Alors, parlons d’abord d’environnement : pour un artiste visuel, les limites d’une architecture et celles d’un lieu, ça s’impose ensemble.C’est en tant que peintre et créateur de jeux que Vittoz dissémine ses images et utilise l’opposition ou la distance des murs les uns vis à vis des autres. Il s’agit de mettre symboliquement en jeu des images et des référents imaginaires. Composées comme des dés, les propositions dispersées au hasard des espaces d’Aponia fonctionnent telles un jeu de piste. On peut aussi accorder les correspondances selon sa guise. Mais attention, tous les échos et tous les ricochets ne se valent pas…
En plasticien conceptuel, Assaf Gruber propose un travail d’installateur qui met en tension l’opposition des disciplines photographiques et sculpturales en s’appuyant sur une dimension visant à les rapprocher d’un temps esthétique inédit. Son rapport à “l’art des murs” consiste à retourner symboliquement l’intemporalité foncière de la surface photographique en réactivant des détails choisis de sa représentation. Ainsi, en même temps que l’image dévoile naturellement de proche en proche sa composition, les teintes du papier photographique nu recouvrant des capteurs répartis sur le sol évoluent imperceptiblement dans la lumière.
Alors des formes tombant du mur en cascades semblent des fragments brefs d’instantanéité. L’image sur le mur parvient ainsi à rendre esthétique une origine tantôt iconique et tantôt in process du temps de son cadrage. Avec Pierre Alexandre Remy, d’abord initié au travail du métal aux Arts Appliqués, puis dans l’atelier de Richard Deacon aux Beaux Arts, c’est l’évanescence foncière des limites architecturales que semblent interroger la forme, l’emplacement et l’échelle de son travail. Composées à partir de tuyaux colorés en plastique souple et de tubes de fer soudés, ses oeuvres évoluent dans l’espace en l’emplissant et en le traversant depuis l’extérieur ou l’intérieur. La “sculpture” semble ainsi reposer sur son socle chaque fois qu’un contact avec un mur ou avec le sol est établi d’une part, et qu’un équilibre y semble symboliquement trouvé d’autre part. Pour Aponia, Pierre Alexandre Remy a prévu une installation grâce à laquelle les fonctions entre mur et sol et plafond paraissent s’inverser ou se compléter, et où l’ordre sculptural semble venir d’une inspiration d’origine ou de nature spectaculaire.Peintre “passé du mur au sol”, Emmanuel Rivière conçoit la sculpture à travers un mouvement qui lui a fait “gagner le sol” et concevoir ses images comme des “conquêtes d’espace”. Son temps de sortie des images, après avoir été le mouvement d’une chute allusive, trouverait-il de quoi rappeler d’insoupçonnables moments d’entrevisions avec le moment du sol ? Ce concept qu’il traduit d’abord par des moulages, des démoulages ou des empreintes et qu’il illustre ensuite au moyen de coques tantôt en plâtre, tantôt en silicone est, comme on l’entend, grandement critique et largement imaginaire. Ainsi que l’espère Emmanuel Rivière, les Vélasquez Shells présentées dans cette exposition sont comme des corps introuvables autour d’un vide intérieur chaque fois recouvert d’une membrane de silicone très douce… et très onirique. Avec Samuel Aligand, les murs
deviennent des surfaces électrostatiques contre lesquelles des oeuvres aux tons pastels semblent collées, donnant une impression de galets extrudés et d’apesanteur pleine d’illusion. Le sol n’est pas oublié.
Constitué comme un espace à fond perdu et sous la pression du travail plastique, il parvient à dématérialiser les points de contact des souffles avec le support où leurs mouvements les a menés. Toujours à partir du sol mais avec des sources d’inspiration différentes, d’autres oeuvres en volume, enduites d’une fine pellicule polychrome aux allures de masquage, parodient des reliefs de paysages oniriques. Chaque oeuvre semble ainsi s’être posée après un mouvement et un parcours pendant lesquels son esthétique a pu tromper..Le mur appartient au domaine de l’architecture avec ses lieux de tailles et d’intérêts divers, discrets et indiscrets et, choses presque égales, le miroir, et son cortège d’images rappelle, comme une litanie, le caractère illusionniste de l’expression plastique. Dans ces conditions, qu’ils soient l’un en face de l’autre, qu’ils forment un coin, ou qu’ils délimitent des champs fermés ou ouverts, les murs individualisent des espaces ou suggèrent des partages. L’exposition D’un mur à l’autre… a ainsi pour autre thème esthétique, des rencontres amicales et des stratégies d’équité.

Alain Bouaziz, 2006

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