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Animalité / Joël Person
Vincent Corpet, Caroline Lejeune, Eric Madeleine, Joël Person, Michel Gouéry, Constanza Piaggio, Marianne Pradier
Animalité

Animalité – Communiqué de presse

Pendant des années le corps est devenu irreprésentable, le corps peint fut caché, honnis des élites et des critiques qui se tournèrent vers un art déshumanisé, sans pathos.
La bestialité, l’érotisme, tout ce qui pouvait être lié au pulsionnel, à la vie, fut mis à l’écart. On du apprendre à penser ce qu’il nous fallait voir, « lire » les œuvres et non plus les regarder. Mais le corps résiste et émerge de nouveau, reprend ses droits, le corps pense et réagit avec ses cellules, son ventre, son sexe, ses yeux. On peut dorénavant s’autoriser à voir ce qui n’est pas écrit dans les communiqués de presse et affirmer que ce qui est dit n’est pas nécessairement ce qui est ressenti ; « chacun voit midi à sa porte », comme dit le proverbe.

Vincent Corpet est dans une optique du visible, une histoire de l’œil qui guette ce qui surgit sur la toile. Des couleurs, des formes, des lignes, un chant lexical qu’il développe en séries numérotées. Là où la représentation apparaît sur ses toiles, le sens se dérobe et complète une autre forme. C’est un régime d’équivalence, ses peintures sont réversibles. Donner une réciprocité formelle, c’est affirmer une porosité entre les êtres, les bêtes et les choses, c’est un communisme des formes.

Michel Gouéry travaille le grotesque, il revisite la séparation entre beauté et laideur par l’expérimentation d’une certaine monstruosité. Le regard est aspiré vers ces figures originales qui naissent du néant, ce n’est pas un art de citation ou de documentation.
Le regard est tendu vers l’irreprésentable et ne peut se détourner, c’est ce que nommait Muriel Gagnebin : « la fascination de la laideur » ; mais on le savait déjà via les dictatures : « Les abrutis ne voient le beau que dans les belles choses ». Arthur Cravan.

Caroline Lejeune travaille en noir et blanc et laisse primer le geste sur  la réflexion. Elle peint aussi pour les bêtes qui ne distinguent pas toujours les couleurs. En l’occurrence, elle donne une pose très humaine à son singe, il plonge de toute sa « bestialité » dans la contemplation, à l’instar des singes du Zoo de Vincennes qui nous regardent éberlués effectuer des mimiques ridicules avec nos téléphones portables. Des familles de singes sont enfermées là avec femelles et bébés, des familles de bêtes, mais des familles quand même. Quelle méditation sur l’homme pour ce Bonobo ?

Eric Madeleine étudie ce qui transforme l’être humain en objet de consommation, comme c’est le cas dans nos sociétés capitalistes où l’homme n’est plus un être pensant, mais un être pensé, un client et un électeur. Facebook par exemple, sous les apparences de « l’amitié » est un manipulateur de goûts, comme auparavant la psychanalyse freudienne fut détournée de son but thérapeutique par Edward Bernays (le neveu de Freud), afin de contrôler nos vies (Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie Edward Bernays, 1928).

Joël Person travaille la précision du trait face à la bête, le cheval souvent. Sa texture, sa matière, l’encolure androgyne du cheval en l’occurrence, permet de sentir l’odeur de l’animal. Un parfum érotique émane de ses toiles, comme celui des amants après l’amour. On aperçoit également des corps de femmes et des hommes qui travaillent la chair.
Joël est dans la sensualité des bêtes et des êtres, au plus près, il écoute les « bruits du monde » et se fait l’écho de ses pulsations animales.


Constanza Piaggio élabore des images qui sont comme des réminiscences s’agrégeant à la pensée. Pour cette exposition,  elle compose une forêt feuillue rendue au format d'une affiche de cinéma. Elle ouvre ainsi une fenêtre sur un mur. Un personnage se camoufle et se fond dans cette forêt que l'on pressent remplie d’animaux et d’aventures aussi. Notre animalité profonde se nourrit de l'inconnu, comme de la découverte de nouveaux espaces, de nouvelles façons de vivre.

Marianne Pradier peint des bêtes et des hommes qui s’affrontent, mais ses corps à corps sont chorégraphiés, la danse est toujours proche de la lutte. Son agneau couché est pattes et poings liés, paradoxalement très humanisé. Des Hellébores noires, qui dans le langage de l'amour courtois signifient : « achève moi », l’accompagnent dans sa fin et des saxifrages, qu'on connaît aussi sous le doux nom de : « désespoir du peintre », traversent le sol vers le ciel, c’est un rite lié aux couleurs et aux formes, une ode à la peinture, un cri d'amour à l’« Agnus Dei » de Francisco de Zurbarán.

Laurent Quénéhen

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