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Tags et art, au risque d'un trajet commun
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Tags et art, au risque d'un trajet commun

Le "Tag" souvent pris pour un graffiti, s'apparente à une production artistique. Publications, analyses universitaires, expositions cautionnent ses images. Quelques noms émergent : Jean-Michel Basquiat et Keith Haring aux U.S.A., Hervé Di Rosa en France ou Arthur Penk pour l'Allemagne. Basquiat et Haring ont été des tagueurs et des graffiteurs et ils sont devenus artistes en redéfinissant le sens et l'objet de leur travail. L'exécution d'un tag est linéaire, leurs oeuvres d'artistes procède par expérience. Il y a par contre autant de types d'artistes qu'il y a de tagueurs, et parmi eux, il ne faut pas confondre graffitistes, tagueurs, grapheurs, brûleurs et... artistes.

Différents des graffitis, plutôt confinés à des communications intimes à l'écart des lieux publics, les tags sont des marquages voyants, réalisés clandestinement à l'aide d'une bombe de peinture aérosol sur un mur le plus souvent extérieur. Faits pour être vus de loin, toutes les situations leur sont favorables. Une signature styliste est un sujet de base. Monochromes ou non, les tags peuvent prendre l'aspect d'une composition figurative aux proportions gigantesques. Ces compositions importantes adaptées à un lieu déterminé sont perçues comme des oeuvres d'art populaire. Un mur entièrement recouvert par une seule création est appelé : Brûlure.

Entre les artistes et les tagueurs, il y a des différences fondamentales et une contradiction dans l'appropriation et la destination des supports et des moyens.

Différences : l'artiste s'appuie sur une variété, le tagueur s'emploie à satisfaire un mode d'emploi. Une faculté élémentaire à inventer de nouveaux usages les oppose. Le tagueur répète aussi les mêmes compositions, l'artiste va vers d'autres images. Pareil pour la facture ; des conditions pratiques obligent le tagueur à un mode exclusif d'expression, tandis que les artistes varient les ressources.

Contradiction : il faut toutefois reconnaître qu'une plasticité des tags existe réellement. Certaines brûlures sont plus qu'agréables à voir, certaines signatures révèlent des talents de calligraphes. Des présentations rivalisent avec certaines recherches d'art actuel. Des rapprochements entre l'art et les tags sont donc compréhensibles. Toutefois, même en limitant ses effets, un art créatif ne peut exclure le doute ou la nuance dans sa pratique.

Reflet d'une culture urbaine verbale et marginale, la fin de l'art des tagueurs n'est d'ailleurs par l'Art. Son intention n'évolue pas. Les tagueurs n'illustrent qu'un style d'image. L'art du tag est sans majuscule, son travail consiste à redéposer un même motif pour qu'il soit vu. D'une certaine façon, le tag s'oppose à l'histoire et à l'imagination plastique. Quand Jean-Michel Basquiat cite des peintres célèbres, comme Henri Matisse, il rappelle que l'oeuvre d'art dépend d'un trajet et d'un accomplissement. Les tagueurs rejettent les mûrissements plastiques de l'intention.

A la figure unique du tag, l'artiste objecte l'ignorance de l'invention. Pour que le tagueur devienne artiste, son style doit comporter alors quelque chose d'incomparable. Sur un mur ou sur un pan de toile, sa démarche révèle alors de l'étonnement et un peu d'inquiétude.


Alain Bouaziz
mars 1999

 

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